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.La conception neuro-développementale de la schizophrénie. |
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Les
facteurs biologiques mettent en cause un terrain constitutionnel particulier.
Les prédispositions génétiques déterminent la nature du fonctionnement
biochimique du cerveau et la présence ou l’absence d’anomalies
structurales. Ce terrain constitue la base nécessaire au développement
psychologique de l’individu mais il ne peut être responsable à lui seul de
l’éclosion d’une pathologie psychiatrique. Un terrain favorable à l’éclosion
de la schizophrénie sera composé de différents éléments qui agissent comme
des facteurs de risques et rendent la personne vulnérable. Le concept de vulnérabilité
qui est centrale dans l’approche neuro-développementale donne à
l’environnement et aux facteurs psychosociaux un rôle prépondérants sans
pour autant réduire la nécessité d’un terrain fertile à la germination de
la maladie. Les facteurs psychosociaux constituent l’autre déterminant d’une conception neuro-développementale de la schizophrénie. Une manière féconde d’expliquer l’action de ces facteurs est de les concevoir comme pouvant être suscités et encouragés par les particularités comportementales de l’enfant qui se développe. Ainsi, l’interaction de l’enfant avec son environnement agit en quelques sorte comme un déclencheur et un catalyseur des prédispositions génétiques. Dans cette optique, les premières relations de l’enfant conservent une importance primordiale et la conception psychanalytique qui met énormément d’emphase sur les relations objectales trouvent une justification toute désignée. Ainsi, l’environnement est essentiel à l’éclosion de la maladie. Ce qui demeure particulier et important dans le modèle neuro-développemental, c’est l’interaction entre les aspects biologiques et psychologiques pour que la conclusion du processus implique de la schizophrénie. Ainsi, c’est le développement progressif d’un système d’interactions incessantes entre le sujet et son environnement qui conduira à l’échec de la personnification. Cet aboutissement qui est tributaires des évènements particuliers qui marquent le développement varie considérablement d’un individu à l’autre. Nous verrons donc, à juste titre, un éventail d’expressions cliniques différentes de ce processus (hétérogénéité du portrait clinique). Selon Henry Ey, la schizophrénie se crée par l’échec de la création personnelle. Qui plus est, le processus schizophrénique dynamique apparaît comme une évolution régressive de la personne qui correspond à une profonde impuissance (les conditions organiques déficitaires et négatives) et à un profond besoin (les facteurs psychologiques et positifs). La conjonction de ces facteurs entraîne l'impuissance à vivre dans un monde réel et le besoin de fuir dans un monde imaginaire. Les
travaux de recherche actuels privilégient d’une part la mise en exergue des
anomalies morphologiques qui pourraient permettre de préciser le support
anatomopathologique de certaines formes de la maladie et d’autre part l’étude
des troubles cognitifs postulés comme étant liés (cause ou conséquence) aux
difficultés de communication et de fonctionnement des schizophrènes. Certains
travaux considèrent les troubles cognitifs comme des indices de vulnérabilité
donc comme des facteurs de risque de la schizophrénie. De ce point de vue, les
anomalies cognitives peuvent être reliés aux hypothèses génétiques et
neuro-développementales de la schizophrénie. Cette vulnérabilité est déterminée
génétiquement et cliniquement latente. L’étude
des fonctions cognitives des schizophrènes visent deux objectifs. Le premier
est de préciser le diagnostic en déterminant de façon encore plus précise
les facteurs de risque de la maladie. Le second est d’établir un lien entre
les données cognitives et la clinique. |
Tous droits réservés, Conception Alain Rioux, Psychologue, © Copyright 2008