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Quelques principes de réadaptation psychosociale

PRINCIPE 1: La réadaptation vise l'amélioration du fonctionnement psychosocial de la personne.

En d'autres mots, la réadaptation vise l'augmentation des actions qu'une personne peut accomplir de la façon la plus autonome possible dans le milieu de son choix. Il ne s'agit pas de la réduction de symptômes mais de l'augmentation de l'autonomie (Farkas, 1986).

 

PRINCIPE 2: L'espoir est une condition essentielle à la réadaptation.

Aucun individu ne peut intervenir efficacement auprès d'une personne s'il ne croit pas à la possibilité d'un changement. De la même façon, malgré l'espoir de la personne atteinte, rien ne marchera si le personnel est convaincu que c'est impossible. Les intervenants doivent prendre engagement envers les usagers et croire qu'ils sont capables de progresser (Tessier et Clément, 1992).

 

PRINCIPE 3: La participation active de la personne est la pierre angulaire de toute démarche de réadaptation.

La réadaptation doit être faite avec la participation active de l'usager considéré comme un acteur et non pas uniquement comme un partenaire consentant. Plusieurs techniques de réadaptation ont pour but de faire participer la personne atteinte, de l'aider à se fixer des buts, évaluer ses capacités et ses ressources ainsi qu'à surmonter ses faiblesses. Travailler en équipe avec l'usager et susciter sa participation aident à promouvoir un plan d'intervention multidisciplinaire plus en accord avec les besoins et les objectifs de celui-ci (Harding et al, 1987).

 

PRINCIPE 4: Toutes les interventions doivent être personnalisées et adaptées à la personne.

Il ne s'agit pas seulement d'orienter la personne vers des programmes déjà existants, mais plutôt de définir avec elle ses besoins et ses forces en vue d’établir un plan d'intervention multidisciplinaire. Chaque usager a des besoins qui lui sont propres; en conséquence, le processus de réadaptation doit être personnalisé pour ce qui est des services, de leur durée, de leur fréquence, etc. (Tessier et Clément, 1992).

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L'APPROCHE DE SOUTIEN

Un complément à la réadaptation psychosociale

Le soutien, défini à sa plus simple expression, consiste simplement à s'assurer que le client demeure au moins à son niveau de fonctionnement actuel. Selon Woodside et Mercer (1983), à la base de ce modèle, il y a l'idée d'une intervention à long terme où ceux qui dispensent les soins tentent d'apporter de légères améliorations à la qualité de vie du client, s'occupent de procurer à ce dernier un milieu réconfortant et chaleureux et introduisent progressivement quelques activités de travail et de loisir.

Selon le psychiatre Richard Lamb (1981), il est quelque peu irréaliste de croire que tous les patients psychiatriques peuvent bénéficier des programmes de réadaptation lorsque ceux-ci visent le retour à un haut niveau de fonctionnement social et le maintien d'un emploi dans un système compétitif. Selon lui, nous devons réaliser que si nous pouvons seulement améliorer la qualité de vie de ces patients et les rendre plus confortables dans un contexte non institutionnel, nous aurons fait un grand pas dans l'accompagnement de cette clientèle de longue durée et nous aurons rendu réels les bénéfices espérés par la désinstitutionnalisation.

Selon Turner (cité dans Talbot, 1978), la réadaptation psychosociale: "encourage et stimule les gens à faire des choses pour eux-mêmes et les autres". Or une partie de la clientèle a plutôt besoin: "que le programme fasse des choses pour eux". Cette façon de voir est en accord avec la philosophie d'un programme de soutien.

Wing et Olsen (1978) suggèrent que le focus des programmes de soutien doit miser sur le succès ressenti par la clientèle dans ses expériences. Quelquefois, les activités peuvent être simples et répétitives, mais l'emphase est mise sur le sentiment d'utilité que ressentiront les participants.

Malgré tout le paradoxe que peut inspirer la philosophie d'un programme de soutien, celle-ci a une valeur thérapeutique indéniable. Dans une situation exempte de pression et centrée sur le mieux-être, il est surprenant de voir que les améliorations sont souvent notables.

Woodside et Mercer (1983) ont appliqué les principes de soutien à la clientèle d'un centre de jour qui souffrait d'un manque d'intérêt et de motivation, ils ont noté des améliorations surprenantes au niveau des aptitudes et des comportements des participants. Le soutien consiste à s'assurer que la personne maintienne son niveau de fonctionnement actuel et ressente une plus grande satisfaction de la vie qu'elle mène.


PRINCIPE 5
: La réadaptation doit offrir à la personne l'opportunité d'effectuer des choix.

Bien souvent, nous croyons que l'usager n'est pas apte à faire des choix. En réadaptation, il faut renverser cette attitude et mettre la personne en situation de choix et l'aider à en assumer les conséquences. En vivant un éventail d'expériences, la personne peut faire un choix éclairé en rapport à son projet de vie. N'oublions pas qu'une personne forcée de vivre, d'apprendre ou de travailler dans un milieu qu'elle n'aime pas, réagira en stagnant, résistant et régressant (Farkas, 1986).

 

PRINCIPE 6: Quelquefois une certaine dépendance conduira à une indépendance dans un futur indéterminé.

Si une certaine dépendance produit une amélioration visible du fonctionnement dans d'autres aspects de la vie personnelle de l'usager, alors elle peut être considérée comme utile (Farkas, 1986). Le support n'est pas vu comme une dépendance pathologique. Aussi longtemps qu'une personne en a besoin, il lui est accordé. Du support accordé dans un domaine peut permettre une autonomie accrue dans d'autres domaines.

 

PRINCIPE 7: L'importance d'insister sur l'apprentissage d'habiletés requises plutôt que sur la réduction du comportement inadéquat.

La réadaptation s'intéresse à l'apprentissage d'habiletés et non pas uniquement à la réduction d'un comportement inadéquat. Par exemple, à la réduction d'un comportement agressif s'ajoutera l'apprentissage de l'expression adéquate de la colère. Un réduction de l'agressivité ne signifie pas nécessairement que les habiletés sociales sont acquises.



PRINCIPE 8
: Les conditions de la réadaptation doivent se rapprocher le plus possible des conditions existantes dans la communauté.

Les personnes atteintes de troubles mentaux sévères et persistants ont souvent de la difficulté à généraliser ce qu'elles apprennent. Les conditions de réadaptation doivent ressembler à celles existant dans la communauté afin de faciliter l'adaptation. Ce principe englobe ce que nous appelons la valorisation des rôles sociaux. Selon Tessier et Clément (1992), la valorisation des personnes doit être encouragée en leur permettant de vivre dans des milieux les moins restrictifs possible et le plus souvent dans la communauté.

 

PRINCIPE 9: La réadaptation psychosociale vise aussi la modification de l'environnement.

Selon Tessier et Clément (1992) une partie des interventions doit viser à changer l'environnement physique et social de la personne atteinte. Il faut chercher à lui offrir les milieux thérapeutiques les moins restrictifs possible et à influencer les attitudes et les modes de fonctionnement des gens de son entourage afin de faciliter son intégration sociale.

 

PRINCIPE 10: La réadaptation doit se faire dans le respect des valeurs de la personne.

La réadaptation implique un changement d'attitudes, de comportements et de conceptions chez la personne et cela ne peut se faire sans changement de certaines de ses valeurs. C'est le propre de l'adaptation humaine. Par contre, l'intervenant doit être conscient de ses propres valeurs et éviter de les imposer. Ainsi, chaque personne doit recevoir des interventions appropriées à sa situation dans le respect de ses valeurs.

 


Tous droits réservés, Conception Alain Rioux, Psychologue, © Copyright 2001-2008

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