![]()
|
.
|
|
|
Oeuvrer en milieu psychiatrique avec une
clientèle qui n'a aucun désir est quelque chose d'extrêmement difficile et
parfois frustrant. Nous pouvons
croire quelquefois que les personnes ayant vécu dans les hôpitaux pendant
plusieurs années n'ont pas de volonté.
Peut-être est-ce parce qu'ils ont enlevé de leur esprit tous désirs
autres que ceux que leur accorde l'institution.
Autrefois on a souvent répété à ces clients, qu'ils ne pourraient
jamais vivre à l'extérieur, qu'ils ne pourraient jamais se marier et avoir
des enfants, qu'ils ne pourraient jamais mener une vie normale et, ainsi, pour
cesser de souffrir, ils ont cessé de désirer.
La logique est simple; "si je ne désire pas, je ne risque pas d'être
vulnérable". La personne se
coupe lentement de son monde émotionnel et sombre dans l'apathie.
A mon avis, ce n'est pas sa volonté qui fait défaut et elle nous le démontre
chaque jour en négociant fermement pour son budget, son tabac et en réclamant
davantage de droits et libertés. Malheureusement
c'est dans l'opposition que se concrétise cette volonté acharnée. |
|
En réadaptation psychosociale nous devons
tenter de mettre cette volonté au service de la personne en lui rendant
possible les désirs qu'elle a elle-même effacés de sa conscience.
C'est pourquoi il faut constamment poser les questions:
Que voulez-vous vraiment ? Où
aimeriez-vous vivre ? Qu'est-ce
qui vous ferait plaisir ? Nous
tentons de briser la barrière et de laisser passer les émotions et le désir. |
|
. |
. |
Inversement, d'autres personnes, au lieu de réprimer
leurs désirs ou leurs sensations, ne font aucune discrimination et agissent
impulsivement. Désirer c'est
regarder le futur et mesurer l'implication d'agir sous le contrôle de son désir. Une personne qui expérimente pleinement ses désirs est inévitablement
placée face à la décision ou au choix. La décision est le pont entre le désir et l'action. |
Tous droits réservés, Conception Alain Rioux, Psychologue, © Copyright 2008