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(2) Comment s'exprime le changement ?
Alain Rioux M.P. Psychologue (septembre 1992)
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Comment pouvons-nous aider la personne à être davantage l'auteur de sa vie ?  Comment l'aider à prendre position dans sa vie et vivre un changement ?  Avant tout il convient de bien comprendre comment s'exprime le changement.  

 

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N
ous savons déjà que pour une personne qui n'accepte pas sa responsabilité et qui persiste à blâmer les autres, aucune thérapie n'est possible.  De la même façon, pour une personne à qui on enlève toute responsabilité pour cause de son aliénation, aucune réadaptation n'est possible.  
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yalom

Toutefois, nous devons maintenant savoir que la responsabilisation n'est pas synonyme de changement. Selon Irwin D. Yalom (1980), professeur de psychiatrie à l'Université de Stanford, la conscience de sa responsabilité constitue seulement le premier pas.  L'individu après avoir assumé celle-ci doit se commettre dans une action.  Le changement thérapeutique s'exprime en action et non dans le savoir.  En réadaptation, l'action, c'est la participation du client au processus et c'est dans cette participation que s'actualise le changement ou le mouvement vers un nouveau milieu de vie qui peut être la communauté.  

Irwin D. Yalom

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La psychanalyse nous a longtemps suggèré que le changement arrivait avec la connaissance du problème.  Si le changement ne se produisait pas on supposait que le client n'avait pas internalisé la compréhension de son état.  
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chenille papillon

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Watzlawick, Weakland et Fish dans leur livre "Changements, paradoxes et psychothérapie"(1975) expliquent clairement que même si la question: pourquoi ? a toujours joué un rôle central et dogmatique dans l'histoire des sciences, il n'est pas nécessaire d'avoir réponse à cette question pour provoquer un changement.  Pour eux, l'expérience quotidienne et l'expérience clinique démontrent que l'on peut obtenir un changement sans prise de conscience.  L'intervention ne doit donc pas nécessairement toucher les causes passées d'un comportement.  Il existe selon eux, des changements spontanés.  A titre d'exemple, pensons à un homme aux prises à des insomnies.  Il est possible que les ennuis de cet insomniaque soient issus de son passé:  peut-être sa mère était-elle une femme fatiguée et angoissée qui avait l'habitude de crier après lui pour qu'il dorme.  Même si ce genre de découverte peut fournir une explication plausible et parfois même très adroite elle n'aide généralement en rien à la solution du problème.

 

La  thérapie comme la réadaptation amènent un changement lorsque la personne adopte un nouveau mode comportemental.  Un changement est fictif, n'existe pas, si le comportement demeure inchangé.  La prise de conscience peut être favorable mais elle n'est pas nécessaire au changement et ne constitue pas en elle-même un changement.  Ainsi, si le client ne se commet pas dans l'action, il n'y a pas de réadaptation possible et cela indépendamment du fait qu'il ait compris ou non le sens de sa responsabilité comme être humain ou l'importance de son implication dans le processus.  Selon Watzlawick, Weakland et Fish (1975) c'est un mythe de croire qu'on ne peut changer une situation que si l'on connaît son pourquoi.

 

C
Comme nous le rapporte Farkas dans une conférence présentée à Montréal en 1986, la participation active du client est la pierre angulaire de toute démarche de réadaptation.  Le client ne doit pas être considéré comme un spectateur ou un partenaire uniquement consentant mais comme un membre actif qui se situe au centre même de l'équipe.

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