
|
.
|
|
|
|
La pensée freudienne est
remarquable à plusieurs égards et la découverte des mécanismes
inconscients poussant l'individu à agir, amena des changements importants et
révolutionnaires dans la pratique de la psychothérapie.
La psychanalyse explore de vastes domaines où le comportement et les
motivations sont déterminés par des poussées inconscientes, des pulsions,
des craintes et des expériences passées.
Il s'agit d'un système où les pressions internes poussent l'individu
à agir et déterminent son action Par ailleurs, la société,
avec ses exigences de performance et la valorisation de certains modèles
psychosociaux véhiculés par tout le système médiatique, exerce elle aussi,
une pression sur l'être humain. Elle
l'éloigne de ses aspirations profondes.
Nous le savons tous, la société accueille davantage les individus
jeunes, intelligents, beaux, habiles et performants et c'est la recherche d'éléments
valorisés par cette société qui nous pousse à courir, à agir, à
poursuivre une quête qui n'est pas réellement la nôtre.
Il s'agit de pressions qui s'exercent de l'extérieur et influencent
l'action de l'homme contemporain. Ce
sont des facteurs sociologiques qui se manifestent dans notre éducation,
notre travail, nos loisirs et tout l'environnement dans lequel nous évoluons. Finalement, tiraillé entre les pressions
psychologiques et sociologiques, l'être humain doit aussi s'accommoder d'une
condition biologique qui est en partie déterminée par des facteurs héréditaires
et qu'il n'a pas choisis. Ainsi, coincé entre les pressions externes
d'une société ou les règles sont strictes et le menacent de rejet, et un
monde interne inexploré, auquel il ne prend malheureusement pas le temps de
s'attarder, l'homme moderne expérimente un affaiblissement de sa capacité à
agir en tant qu'être responsable. La
course engendrée par une société toujours plus exigeante et en perpétuel
changement, isole lentement l'individu de lui-même et provoque l'anéantissement
de sa volonté et de son pouvoir de décision.
Ce phénomène d'abrutissement va même au delà de cette capacité
d'agir par soi-même. La société
est tellement puissante et l'individu tellement loin de lui-même, convaincu
qu'il ne peut changer ce qu'il est, qu'il finit par croire que même s'il exerçait
sa volonté et son pouvoir de décision, cela ne servirait à rien.
|
||
|
||
|
A votre avis, l'homme est-il plus que le produit passif d'une société
dominatrice, d'un inconscient sournois et de facteurs héréditaires
biologiques et psychologiques ?
Selon Frankl, psychiatre, docteur en neurologie et en philosophie :
"il est dangereux d'enseigner que l'être humain est "uniquement"
le produit de conditions biologiques, psychologiques et sociologiques, ou
encore de l'hérédité et de son environnement.
Une telle vision de l'homme incite le névrosé à croire ce qu'il est
enclin à croire de toute façon, soit qu'il est la victime d'influences extérieures
ou de circonstances internes". (Découvrir un sens à la vie,
Victor E. Frankl, 1984, page 134). Rollo May, un éminent psychologue
américain,
répond aussi à cette question en exprimant la position existentielle
contemporaine : |
||
|
||
|
Le docteur Everett L.
Shostrom, ex-président
de l'American Psychological Association, est aussi de cet avis, il signale que
même si la plus grande partie du comportement humain est déterminé par
l'histoire personnelle et des forces au-dessus du contrôle de l'homme, le
futur de ce dernier est grandement indéterminé et il dispose d'un large éventail
d'actions parmi lesquelles choisir. Il
explique que l'homme ne peut s'en remettre aux autres, ou blâmer les autres
pour sa croissance ou ses lacunes. Même
si le développement humain s'insère dans un contexte social particulier,
l'individu demeure le seul responsable de sa vie. Cette façon de voir l'être humain comme
autodéterminé, correspond à un des principes central de l'approche de réadaptation
psychosociale implantée maintenant dans plusieurs hôpitaux psychiatriques
québécois.
Tessier et Clément (1992) deux experts de la réadaptation
psychosociale au Québec, mentionne que la réadaptation doit favoriser
l'autodétermination des personnes aux prises avec des troubles psychiatriques. Cnaan et al
(1988), après avoir recensé plus de deux cents articles signalent eux aussi
que l'autodétermination des clients doit être renforcée. Ils en font un des principes de base de la réadaptation
psychosociale en insistant sur le fait qu'il faut reconnaître le droit et la
capacité de prendre des décisions des personnes aux prises avec des troubles
mentaux. . |
||
|
||
|
.
Selon Frankl (1984), la personne demeure
toujours limitée et sa liberté aussi, cependant même si elle n'est pas
libre par rapport aux conditions qui l'entourent (contexte socio-économique défavorisé,
handicap physique ou traumatisme crânien) elle conserve la liberté de
prendre position à l'égard de ces facteurs plus ou moins immuables.
De plus, selon May (1965) le modèle médical et plusieurs formes de thérapie,
comme la psychanalyse, incitent bien involontairement le malade à abandonner
sa position d'agent capable de décider. Toute approche niant la liberté de l'être humain ne fait
que renforcer un fatalisme névrotique. Il
faut avouer qu'il est difficile pour une personne en réadaptation d'exprimer
sa capacité d'agir devant une équipe multidisciplinaire composée d'experts
de la maladie mentale et du comportement humain. Frankl explique bien l'erreur que nous devons
éviter à tout prix en psychothérapie et, à mon avis, dans le domaine de la
réadaptation aussi :
|
||
|
||
|
. |
Tous droits réservés, Conception Alain Rioux, Psychologue, © Copyright 2008